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AFFAIRE DISPARUS DU BEACH : TEMOIGNAGE D'UN RESCAPE

Burkina Faso: Disparus du beach, un réfugié congolais au Burkina témoigne

Le Pays (Ouagadougou)

INTERVIEW
22 Janvier 2007
Publié sur le web le 22 Janvier 2007

Propos recueillis par Serge Coulibaly

Armel Vianney Ali Louamba est réfugié congolais dans notre pays. Enseignant de mathématiques au lycée provincial de Dédougou, ce rescapé du drame du Beach explique que les "disparus du Beach" ont été tués.

Comment vivez-vous à Dédougou depuis votre arrivée au Burkina ?

Le Burkina est un pays dont la population est extraordinaire et très accueillante. Je n'éprouve pas de difficulté pour mon intégration dans ce pays. D'ailleurs à un moment donné, j'oubliais que j'étais étranger, c'est le drapeau du Burkina qui me rappelle que je ne suis pas chez moi. Que ça soit dans mon milieu professionnel ou bien dans ma vie sociale, avec les gens, je pense qu'il n'y a pas de problème. D'ailleurs je bénéficie de la sécurité des autorités, j'ai la couverture de la Sûreté de l'Etat. En tout cas tout se passe bien pour le moment.

Comment êtes-vous arrivé au Burkina ?

Ce n'était pas facile ; mon pays était en guerre. Il est arrivé un moment où il fallait s'abriter, mettre sa vie en sécurité.

Vous exerciez quelle profession au Congo ?

(Rires) Je préfère ne pas en parler.

Il est quand même bon qu'on sache ce qui vous a amené au Burkina.

En réalité j'étais au Congo lorsque le pays était en guerre en 1998. Je me suis retrouvé en RD Congo en tant que réfugié. Pendant notre traversée du Beach pour rentrer au pays, il y a eu des enlèvements. On a tué plus de 400 réfugiés. Dans ce lot, j'étais rescapé. A un moment, l'affaire a pris de l'ampleur au niveau de la justice belge. Finalement, le gouvernement congolais était à la recherche des rescapés qui pouvaient apporter des preuves palpables. Ce qui m'a amené à sortir du pays en catastrophe pour le Burkina.

Pourquoi cette destination ?

Le Faso, parce que j'avais fait ce pays en 2002 en tant que touriste. C'est un pays qui m'a plu. Ce qui m'a le plus plu, c'est cette chaleur qu'offre la population. C'est une chaleur familiale. Au milieu des Burkinabè, je me crois dans ma famille.

Quel commentaire faites-vous de la procédure judiciaire du Beach en tant que réfugié ?

C'est parce que vous n'avez pas eu mes documents que j'avais fournis auprès de certaines autorités. En ce qui concerne ce procès, c'est une parodie de justice. Dès lors que les criminels ont encore été dédommagés et les parents des victimes injuriés et humiliés par ce procès, je pense que c'est de l'injustice et tôt ou tard, qu'on le veuille ou non, il faudrait que justice soit faite. Nous avons des preuves et je sais ce que je dis.

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NOTRE PENSEE DU JOUR : "L'homme qui tombe au pouvoir du Mage perd la conduite de sa vie parce que la volonté d'un autre s'est projetée au coeur de son être, à la source de sa conscience qu'elle capte, et l'autre joue de lui comme d'un instrument" (Lanza del Vasto).

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